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Shetland Fever

Bonjour !

Voilà bien 3 semaines que je n’ai pas écrit ici, j’ai eu l’idée folle de prendre des vacances pour les fêtes. Enfin quand je dis vacances je veux dire m’enfermer pour avancer mon tricot en retard, ayant été très ralentie par l’organisation pré et post CSF.

Je vais essayer de rattraper petit à petit les réponses au calendrier de l’Avent mais tout d’abord je voudrais vous remercier très fort d’avoir joué le jeu aussi nombreux. C’était vraiment super de mon côté de l’Instagram et je suis comme toujours impressionnée par votre culture et votre capacité à chercher et trouver les solutions à mes problèmes tordus. Là, pour aujourd’hui je vais me contenter de vous parler du jeu de samedi dernier, parce qu’en prenant mes vacances j’ai aussi pris du retard dans plein de choses (comme la rédaction des patrons, l’administratif et les mails) mais quand tout redeviendra plus calme je vous promets que je vous ferai le dernier tiers manquant des réponses.

Samedi je vous ai donc posté la photo de cet homme :

Ce n’était pas cette image là et j’avais tronqué son visage parce que je vous connais, vous êtes beaucoup trop malins et faites des recherches Google image. Ce monsieur c’est Oliver Henry, responsable de la sélection et de la gradation de la laine chez Jamieson (le fameux shetland). C’est un « classeur », c’est à dire qu’en un coup d’oeil il sait juger de la qualité du poil et éliminer tout ce qui n’est pas la fibre fine. On lui met tout le résultat de la tonte sur la table et zou il fait son truc et on se rend pas compte mais c’est un savoir faire extrêmement précieux et rare. Déjà lui il s’en sort avec la soixantaine sous catégories de moutons Shetland, classés et nommés selon la couleur de leur pelage.
Tant qu’on est ici, un peu d’histoire sur la laine Sheltand : ce sont les scandinaves (les iles Shetland étaient norvégiennes avant de devenir écossaises en 1472) qui ont introduit leurs moutons sur les îles au moyen âge, qui pendant quelques siècles ont fricoté avec les races locales ce qui a donné une fibre chaude et robuste. Quand le commerce maritime s’est développé par la suite notamment via la fameuse pêche aux harengs, (ma passion cachée, j’ai une collection secrète de photos de pêcheurs de harengs si quelqu’un en a un vrai à me présenter je suis super partante), la laine a voyagé en Europe et a acquis sa réputation.
Jusque dans les années 70, pêche et élevage étaient la principale source de revenus sur les îles puis l’exploitation du pétrole local a pris le relai, piquant la main d’oeuvre aux fermes locales. Beaucoup de petits élevages ont ainsi cessé leur activité mais malgré tout le boum économique que ça a créé dans la région a été bénéfique pour l’industrie lainière qui a pu se developper dans des structures plus grandes tout en conservant un savoir faire traditionnel. Aujourd’hui ça évolue encore dans le bon sens car les acteurs de l’industrie du Sheltand sont en train de prendre le train de la modernité en essayant grâce à des technologies de recyclage très poussées de produire des laines à l’impact quasiment nul sur l’environnement et moi je trouve ça super chouette les gens qui savent faire vivre une tradition ancestrale tout en investissant pour l’avenir.

Je vais quand même vous parler de mes avancées en tricot, ça fait longtemps que cette partie était brève dans les articles !

J’ai enfin fini la chose verte ! Tout arrive ! La pauvre a été délaissée un moment pour cause de cerveau cuit par CSF, puis elle a été finie une première fois puis détractée jusqu’aux dessous de bras parce que je n’étais pas satisfaite, et donc pendant les vacances je me suis sorti les doigts des poches et j’ai pris 3 jours pour elle et depuis je ne la quitte plus. Merci pour toutes vos propositions de noms, elle va s’appeler Fin comme Fin Macleod le héros qui me manque depuis que j’ai fini la trilogie de Peter May, je crois que je ne suis pas la seule ici a avoir dévoré ses aventures. Le knit test va bientôt démarrer, je cherche d’ailleurs encore une personne pour la taille L (qui correspond à un 42) si jamais l’une d’entre vous me lit, hop un petit mail 🙂 Attention photo pin-up :

J’ai aussi fait une participation express au Kal d’Emilie et Paule sur les chaussettes du réveillon, ayant reçu peu de temps avant une somptueuse laine auto-rayante Studio Meez

Je n’ai pas suivi de patron, je les ai tricotées en toe-up, avec 56 mailles et des talons en rangs raccourcis. Vue la beauté de la laine pas besoin de chercher plus loin, j’ai juste fait les orteils, le bord côtes et le talon avec un reste d’Uncommon Thread grise. Je les ai tricotées en magic-loop (oui oui) qui me fait tricoter plus serré, je suis donc passée de mon habituel 2,25 mm à 2,75mm, je me sens beaucoup plus confortable. Je pense que c’est pour ça que je bloque sur mes chaussettes en train orange, j’adore le fil, j’adore la couleur mais je ne suis pas dans le truc, ça tire et ça serre. Je pense les défaire et les recommencer en 2,75, c’est toujours travailler comme on dit.

(je suis un peu obsédée du orange je vous préviens)

J’avais commencé après Noel une Sophie B couleur Grenadine (dans un mélange dont je vous parlerai bientôt) en vue du tournage d’un cours Artesane que nous avons fait mardi et qui sortira pour AEF si je ne dis pas de bêtises. J’ai fait la moitié du tricot en 2 jours et je me suis retrouvée au chômage technique pour manque de laine, j’ai donc décidé de me faire plaiz entre deux avec la kid Mohair sur laquelle je louche depuis des mois à chaque fois que je passe à la Droguerie, l’écheveau de présentation ressemble à une queue de renard qui pend dans la boutique et je la trouve sublime. Je me suis donc fait un pull express en attendant mon réassort de Sophie B :

Obsédée du orange j’ai dit

Il est vraiment tout bête, il consomme peu de fil, j’écris le patron très vite.

J’ai reçu quelques magnifiques cadeaux de Noel-anniversaire rapportés de la Maison Tricotée (à Montréal, que des laines et accessoires superbes, vous pourrez les rencontrer à AEF ils participent) donc un écheveau de Riverside à chaussette jaune qui met le soleil dans ton coeur, alors hop j’ai des chaussettes jaunes en train. 
Je les tricote 2 à la fois, en 2,75 et c’est quand même pratique même si je ne trouve pas que ça fasse gagner de temps et que mes préférées resteront toujours les double pointe.

Et puis j’ai reçu mon colis de secours pour la Sophie B et je l’ai finie !

Je vous prie de m’excuser de vous ressortir les mêmes images que sur Instagram, j’essaye de varier d’ordinaire mais je n’ai pas tout ce qu’il me faudrait sous la main.

Et là je m’apprête à attaquer le cardigan des retrouvailles avec la Shetland de l’Echappée Laine !
Je suis bien contente, j’avais tricoté le Wide Forest Sweater avec, ça fait un bail. Je vous laisse deviner la couleur que j’ai choisie … indice : je suis full dans le thème du jour.

Sinon pour les actualités, il reste 1 place pour le cours de torsades et points qui font peur du 27 ! Venez, c’est au Walrus c’est un des meilleurs cafés de Paris, la musique est bonne, on peut aussi acheter des disques, y a des gâteaux maison et les maîtres des lieux sont des tricoteuses. 

Et ça ne vous aura pas échappé mais il y a des soldes sur le site !

A la semaine prochaine et tricotez bien !

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Stickgälskroks, naufrages, maillots et fantômes.

Bonjour !

C’est un beau jour pour vous écrire, avec la tempête qui gronde dehors, je suis bien au chaud !

Vous avez sûrement vu sur Instagram, je me suis lancée dans la rétrospective de vos photos de tricot 2017 ! J’en fais un peu chaque jour, c’est dur de choisir je vois trop de belles choses ! J’adore être surprise par vos images, quand je vois le tricot et que je me dis « ah mais c’est un de mes patrons ça » mais que finalement ça rentre complètement dans vos petits mondes, que vous vous êtes approprié le modèle et que l’image est pleine de votre personnalité. J’ai l’impression d’avoir réussi ma mission quand je vois ça.

Sur mon site, il y a un onglet « your knits », que j’essaye de mettre à jour assez régulièrement ! Pour cette rubrique j’utilise vos photos Ravelry, comme ça ça link directement vers vos profils et c’est plus commode car  je ne sais pas épingler depuis Instagram.

Cette semaine encore j’ai adoré vous lire sur mon Instagram ! Vos réponses sont drôles, documentées, créatives et j’aime votre esprit d’équipe. La dernière fois on était revenu sur les réponses des cases 1 à 6, voyons maintenant les cases 7 à 12 :

Jeudi 7 décembre :Voilà l’étrange objet que je vous ai proposé. Alors ce n’est pas un moyen de contraception rudimentaire comme ça a été suggéré, ni un engin de torture. Il s’agit tout simplement d’un stickgälskrok, voyons. Vous avez deviné assez vite que ça servait à tenir la pelote de laine. On en trouve sous des noms différents dans toute l’Europe du nord, mais celui-ci nous vient de Suède. Alors pourquoi avait-on besoin de tenir sa pelote de laine ? Nous somme dans la région de Dalarna, et là bas à l’époque, il fallait du rendement ! Les vêtements tricotés sont de première nécessité alors on tricote en surveillant ses bêtes, on tricote quand on est sur la charrette et on tricote en marchant ! La légende dit qu’il y avait un rapport distance parcourue / pièce tricotée à produire, soit un bas pour homme par 15km de marche. Il fallait donc bien au moins un stickgälskrok pour accrocher sa laine à sa ceinture. Et on tricote d’ailleurs avec une technique spéciale, pour un rendu plus chaud, plus étanche, plus élastique. Je ne connais pas le terme français, mais on appelle ça le Twined Knitting, peut être qu’on peut le nommer tricot double ? On travaille en fait avec 2 fils, de la même couleur ou pas, qu’on croise sur l’arrière (comme quand on fait un jacquard) à chaque maille.

Vendredi 8 décembre :

L’objet du scandale ! Il est apparu par le biais du costume de danse au tout début du 19eme siècle. En vrai, on le trouve dans le vestiaire du spectacle depuis le 18eme siècle, où l’on faisait porter des « caleçons » bleus (couleur validée par le Pape, sinon c’était trop proche de la couleur de la peau et c’était trop sexy) pas très commodes aux danseuses pour masquer leurs jambes. Son nom, c’est le maillot. Le maillot (on dit aussi maillot clair ou maillot chair) est tricoté tout d’une pièce, et il couvre le corps de la danseuse ou du danseur. Il tiendrait son nom de Monsieur Maillot, bonnetier de l’opéra de Paris fin 18eme début 19eme. Et c’était pas rien ce maillot : il a vite été adopté par tout le monde, les hommes comme les femmes. Déjà, il faut le situer dans son contexte. On sort à peine de la période de la Révolution, la Merveilleuse aime se draper dans d’amples robes transparentes et vaporeuses pour évoquer une antiquité fantasmée, mais le monde n’est pas prêt pour tant de peau apparente. Ce sous vêtement, le premier qui soit confortable, tombe donc à pic, on le glisse sous les robes et les tuniques. Plus en avant dans le siècle, il se cache de plus en plus, trop impudique. C’est pire de deviner le corps à travers que de le voir vraiment et la bonne société, constituée maintenant d’industriels ou de rentiers devient de moins en moins drôle et de plus en plus raide. Alors pour être sûr que le femme se tient tranquille à la maison on lui colle corset, crinoline, 10 kg de jupons de crin sur le dos, chapeau à visière qui empêche de regarder sur le côté pendant que l’homme va travailler en costume noir suie comme ce qui sort de la cheminée de son usine. Le maillot n’a toutefois pas disparu, il est en dessous, ou alors porté à la maison et l’industrie de la bonneterie est en plein essor. Il faudra attendre quelques années le maillot de bain et le vêtement de sport pour le voir de nouveau faire partie du vêtement de dessus.

Samedi 9 décembre :

Ah on a bien rigolé samedi ! Vous m’en avez trouvé des superstitions sur le tricot ! Grâce à vous j’ai découvert les études très sérieuses sur le « sweater curse », la malédiction qui dit que tricoter pour son copain / copine précipite la fin de la relation. On a aussi appris à coller le mauvais oeil en faisant des noeuds, qu’il faut finir ses encours avant la Saint Sylvestre (oulala on est le 13 décembre la pression), que de célèbres fantômes de tricoteuses hantent des hôtels, qu’on ne tricote pas au théâtre (mais qu’est-ce qu’on a le droit de faire au théâtre ? j’ai l’impression que tout y porte malheur), qu’on ne tricote pas pour l’être aimé avant le mariage ou encore qu’on ne reprise pas son chandail avec de la laine plus foncée. Tout ça fera l’objet de recherches plus abouties je vous le promets !

La réponse que j’attendais nous vient des pêcheurs anglais et écossais : si le futur propriétaire d’un Gansey meurt avant qu’on ait fini son ouvrage, surtout on le ne termine pas. On le détricote et on enferme la laine au moins un an, temps après lequel on serait à peu près sûr que l’âme du défunt soit partie. Et après on peut attaquer un nouveau projet, faut pas gâcher.

Dimanche 10 décembre :

Dimanche ce n’était ni une crêpe cramée ni un gâteau au chocolat comme suggéré, mais un béret  ! Et pas n’importe quel béret puisqu’il est resté 400 ans sous les mers ! C’est un des nombreux trésors trouvés dans l’épave du Mary Rose, un navire de guerre d’Henry VIII qui a sombré en 1545 faisant entre 400 et 700 morts, on n’est pas sûr du nombre. L’eau de mer a conservé tout un tas de pièces de vêtements et d’objets fabuleux de cette époque si riche au niveau vestimentaire. On a donc entre autre retrouvé ce béret, on a parlé du béret il y a quelques semaines et on avait vu qu’il était déjà très à la mode outre Manche, mais qu’on a pas encore beaucoup de traces de pièces tricotées, qui sont assez peu représentées dans les oeuvres d’art par exemple. On a vu que c’est parce que traditionnellement, la maille évoque l’intime et le vêtement du dessous. Qu’elle était donc utilisée jusqu’au bout du bout  et qu’on ne retrouve donc que des morceaux inexploitables car trop usés. Mais il y a une autre chose à prendre en compte : j’ai lu qu’avant le règne d’Elizabeth et le perfectionnement dans l’art de faire de fines barres en acier (pardonnez moi je ne suis pas allée plus loin dans la recherche sur le pourquoi du comment on s’est mis à fabriquer de fines barres en acier réussies sous le reigne Elisabéthain, s’il y a des érudits en métallurgie qui me lisent je prends toutes les informations), c’était pas facile facile de fabriquer de bonnes aiguilles à tricoter. Elles étaient en bois et souvent un peu grossières.

Lundi 11 décembre :

Vous avez trouvé très vite ! J’avais posté la grille de la bordure de ce coussin tricoté. Vous verrez si vous cliquez sur l’image, que tout autour il est écrit en Arabe « baraka », qui signifie « l’abondance d’Allah », la bénédiction. On a retrouvé ces coussins dans le tombeau du prince héritier de Castilla y Leon Fernando de la Cerda, mort au combat en 1275. C’est donc un très vieux coussin, un des rares vieux tricot qui soit parvenu jusqu’à nous. Les motifs sont très typiques de l’héraldique européen mais la bordure nous indique clairement que c’est un artisan musulman d’Espagne qui a réalisé cet ouvrage. Et on pourrait aller plus loin et penser que (j’espère que vous avez lu le paragraphe précédent, sinon vous ne ferez pas « aaaaaah » ) fabriquer les aiguilles qui ont permis de faire un ouvrage aussi fin aussi nécessitait le savoir faire en matière de travail de l’acier d’un artisan arabe.

Mardi 12 décembre :

Mardi je vous ai demandé de regarder les mains de cette femme suédoise, et de me dire pourquoi je vous demandais de regarder ses mains. Ca a été difficile, la gagnante a trouvé grâce à un post i,nstagram que j’avais fait il y a des mois de ça. A l’époque j’avais photographié quelques lignes d’un livre dans lequel une vieille dame de la région de Dalarna raconte qu’on la forfait à l’école à tricoter avec le fil dans la main gauche (méthode qu’on appelle continentale) mais que dès que l’institutrice tournait le dos, les petites élèves repassaient vite le fil dans la main droite comme elles avaient appris à la maison. La photo date du début du 19ème siècle, et cette femme tricote encore fil à droite, avant la grande campagne de « continentalisation » forcée de l’éducation nationale suédoise. Attention la suite est complètement impartiale venant de mon esprit d’indécrottable enthousiaste de l’english method (fil à droite). Ces documents sont très intéressants, car pour moi ils font mentir les textes qui nous expliquent que les tricoteurs efficaces des classes populaires auraient été des adeptes de la méthode continentale (supposée beaucoup plus rapide) AVANT de passer à la mode de la méthode anglaise, moins rapide et plus chic, adoptée par la bonne société au 19ème quand le tricot main n’était plus une nécessité (ha les machines …). Bref pour moi et ma mauvaise foi on est pas encore au point dans les histoires fil à droite fil à gauche.

Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite du calendrier, et en attendant vous pouvez vous inscrire à mon prochain cours prévu au Walrus : le cours de « 2 chaussettes à la fois ». Vous êtes nombreux à avoir le syndrome de la deuxième chaussette, il y a des solutions. Qui fonctionnent aussi avec les syndromes de la deuxième manche ou de la deuxième moufle. C’est ici :

A tout bientôt !

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Des tuques des bâtons du chien et des colons : le premier quart de notre calendrier de l’Avent !

Bonjour à tous !

Merci de participer si nombreux au calendrier de l’Avent ! J’adore faire ça j’aimerais que ce soit décembre toute l’année ! En plus vous donnez souvent des réponses très complètes et documentées, j’adore !

On va voir ensemble un peu plus précisément les différentes réponses aux colles que je vous ai posées.

Vendredi 1er décembre :

Pour commencer en beauté car ce n’était pas facile, je vous ai posté la photo de ce PRJONASTOKKUR à vos souhaits. Petite parenthèse, je dois dire que je suis trop fière car Hélène Magnusson herself nous a éclairés sur la prononciation. Le tricot en Islande c’était quelque chose ! Tout le monde tricotait et le rendement de chacun était contrôlé. Les enfants dès 8 ans devaient produire une paire de bas par semaine. On rangeait ses aiguilles (principalement des double pointe) dans cette boîte au nom compliqué mais à la symbolique magnifique et poétique comme je les aime, car traditionnellement les amoureux la sculptaient, la gravaient et l’offraient à l’élue de leur coeur pour déclarer leur flamme. (Aparté : je ne sais pas où en est votre papier Anaïs mais j’espère pouvoir encore coller mes lecteurs bientôt sur le tricot islandais !)

Samedi 2 décembre :
Alors là vous avez trouvé trop vite ! J’avais recadré cette image :

Il s’agit bien-sûr d’un berger landais perché sur ses bâtons, et que faisaient les bergers landais de la-haut ? Ils filaient ou tricotaient et à l’époque, c’était un truc d’hommes. Alors pour le filage, pour être plus virils, ils n’usaient ni de quenouilles ni de fuseaux (ça c’était pour les filles) mais enroulaient directement la laine rèche autour d’un poignet et la tortillaient autour d’un petit croisillon de bois pendu à l’autre poignet. Il portaient autour de la taille la « potche à tèche » (poche à laine) et chacun se tricotait une petite pèlerine et des guêtres à porter avec le gilet en peau de mouton. En faisant mes quelques recherches sur les bergers landais, j’ai découvert  l’ampleur des conséquences du changement de paysage dans les Landes au 19ème siècle. Jusqu’alors les bergers travaillaient sur leur échasses afin de pouvoir surveiller leur troupeau et guetter le loup dans cette contrée marécageuse. Puis, pour assécher et assainir la région, on a décidé de construire des dunes de sable pour prévenir les grandes marées, de détourner l’Adour dont les crues embouillassaient (je viens d’inventer ce mot) le terrain, et surtout … de planter des pins partout. Le pin consomme énormément d’eau et il a en quelques années complètement modifié le paysage et par conséquent la pratique pastorale. Et pour raconter une petite histoire (vous savez que j’adore les petites histoires), je ne sais pas si vous connaissez l’existence de Sylvain Dornon, mais cet homme extraordinaire et engagé a gravi en échasses une bonne partie des marches de la Tour Eiffel durant de son inauguration, et parcouru un Paris Moscou pour faire connaitre le triste sort des bergers suite à la modification artificielle de la géographie de sa région lors l’Exposition Universelle de 1891 . C’est ce qu’on peut appeler une protestation qui a de la gueule.

Sylvain Dornon part pour Moscou

Dimanche 3 décembre :

C’est à propos de la photo de cette femme que je vous ai questionnés, prétexte pour vous faire chercher un peu sur les fibres utilisées en Amérique précolombienne. Vous avez bien vite trouvé que cette femme est Navajo, peuple amérindien du sud des actuels Etats Unis. Alors qu’est-ce qu’ils filaient les Navajos ? Des moutons oui, mais seulement à partir de la fin du 16ème siècle. C’était un peuple d’éleveurs et de chasseurs, mais les moutons (tout comme les chèvres et les chevaux tels qu’on les connait aujourd’hui) n’ont été introduits sur le continent qu’au 15ème siècle par les Espagnols. L’histoire de l’importation du mouton en Amérique est d’ailleurs assez passionnante, faite de vagues de transports de bêtes successives et « d’îles à moutons » sur la côte est qu’on débarrassait de tout prédateur possible et où l’on laissait les moutons paître en liberté. Et jusqu’à cette période, la toison du chien, appelée « chiengora » était le poil le plus filé en Amérique du nord. On trouve des objets tissés ou tricotés en chiengora depuis la préhistoire en scnandinavie. Et comme je suis Père Castor raconte nous histoire, je vous ai trouvé une image de femmes anglaises « volontaires » pendant la seconde guerre mondiale, entrainées au premiers secours en cas d’attaque aérienne et qui faisaient toutes les petites choses possibles au quotidien pour aider, réconforter, nourrir, loger la population. Et je vous le donne en 1000 : elles brossaient des chiens pour filer leur poil et réaliser de petites pièces bien chaudes, le chiengora étant réputée 80% plus chaud que la laine de mouton.

Lundi 4 décembre :

C’était très facile lundi, puisque c’est l’image d’un photographe américain très célèbre que je vous ai postée. C’était un cliché de Lewis Hine représentant une petite fille dans une filature de Nouvelle Angleterre en 1913. Lewis Hine mettait en image l’un des côtés sombre du rêve américain en immortalisant tout d’abord les arrivants sur Ellis Island. Il s’est ensuite engagé au côté du National Child Labour Committee et de la Croix Rouge et son travail a eu un réel impact dans la lutte contre le travail des enfants. Mais tout ceci n’était un prétexte pour rappeler qu’aujourd’hui sur notre Terre en 2017 un quart des enfants de 5 à 14 ans travaille. 4 sur 5 sans rémunération, alors quand on peut, on fait attention à ce qu’on consomme.

Mardi 5 décembre :
Je vous ai posté une photo prise dans un de mes livres, avec un extrait du journal de 1797 de Frances Baylor Hill, colon (colone ? help, vite un linguiste : peut-on mettre « colon » au féminin? ou alors la femme ne peut être que « femme de colon » parce qu’il faut nécessairement un penis et beaucoup de testostérone pour coloniser ?) en Virginie. On lit que l’auteure est tellement obsédée par son tricot et l’avancée de ses en-cours qu’elle culpabilise de lire un roman passionnant et d’ainsi perdre du temps de tricot, ça me rappelle quelqu’un, mais qui, moi bien sûr. Mais parlons quelques instants du tricot chez les colons en Amérique. Déjà, on a lu plus haut que les missionnaires en Amérique du Nord et du Sud on importé le mouton, mais aussi le tricot en l’enseignant aux peuples (et surtout aux hommes, on a vu aussi avec les bergers landais que le tricot, pendant longtemps, c’était pour les hommes) qui ne le pratiquaient pas déjà. On constate d’ailleurs que souvent les tricoteurs d’Amérique du sud tricotent « à la portugaise », avec le fil passé autour du cou. En Amérique du nord, les grandes vagues d’immigration du 17ème siècle ont apporté avec elles le tricot intensif (on raconte que ça tricotait sec sur le Mayflower) mais pas la machine à tricoter, qui était déjà en pleine activité sur le vieux continent, mais très lourde et encombrante, et surtout très rentable mais ça on va le voir juste après. Les journaux intimes comme celui de notre Frances pullulent, car on aime rapporter la construction du nouveau monde et tous les détails des taches morales et vertueuse et religieuses auxquelles on s’adonne. Le tricot est donc domestique, et pour les articles tricotés industriellement, on importe d’Angleterre. Et c’est tellement rentable d’importer d’Angleterre, que les chefs des colonies anglaises en viennent à réglementer et limiter les activités de production de laine, de filage et tricotage (ainsi que d’autres fabrications de produits comme le papier par exemple), même domestiques, afin de ne pas freiner les échanges avec l’Angleterre. Les travaux du fil sont alors devenus hautement politiques : les nouveaux Américains en colère voulaient leur indépendance matérielle, et filer ou tricoter est devenu un vrai acte de résistance qui a joué, symboliquement, durant la révolution et les guerres d’indépendance.

Mercredi 6 décembre :
Je me rends compte en écrivant ce post que j’étais très orientée Amérique cette semaine ! Ce matin je vous ai postée la photo la plus effrayante du monde : le bonhomme Carnaval et sa « tuque ».

Ce personnage qui symbolise la joie de vivre (je ne mettrai pas de commentaire là dessus, j’ai peur de toutes les mascottes) est l’ambassadeur depuis les années 50 du Carnaval de Québec et il arbore fièrement la tuque et la ceinture. Ce qui m’intéressait c’était la tuque, mais vous m’avez fourni de super réponses sur la ceinture, on va donc en parler un peu. C’est une ceinture canadienne, qui s’appelle la Ceinture Fléchée, qui est normalement faite par les (attention mots que je n’écrirai probablement plus jamais de ma vie) flécheurs ou flécherands en laine tressée à la main et que les hommes portaient autour de la tête pour rendre hermétiques et faire tenir les couvre chefs, ou autour des reins pour soutenir le dos pour porter les choses lourdes. Elle fait partie du costume traditionnel, on trouve plein de documentation passionnante dessus. Mais parlons un peu tuque, mes chères gagnantes du jour nous ont gâtés avec plein de détails super intéressants !
Qui a trainé avec des tricoteurs québécois ou qui a déjà regardé un épisode des pimpantes Emilie et Paule s’est déjà frotté au mot « tuque », qui désigne le bonnet. Le mot viendrait du français « bonnet à la turque », couvre chef fabriqué en France et exporté partout dans le monde (notamment au moyen orient) très utilisé par les marins puisqu’on trouve beaucoup de traces de « bonnets à la turque » dans les inventaires de contenus de bateaux.  On a parlé il y a quelques semaines du béret des Basques et des Ecossais exportés par les colons, on peut donc rajouter le bonnet à la turque, déformé en tuque, à la liste. Pour revenir à notre Bonhomme Carnaval, moi j’ai lu que sa tuque rouge ferait référence au bonnet phrygien français : on l’avait choisi comme symbole de la révolution française parce qu’il évoquait le chapeau que portaient les esclaves affranchis de l’empire romain. Au 19eme siècle il a aussi été utilisé par les rebelles québécois souhaitant se libérer du pouvoir absolu et du contrôle de l’Angleterre sur leurs colonies, il est donc devenu un symbole de liberté là bas aussi. On le retrouve également dans la symbolique de beaucoup d’anciennes colonies libérées, en Amérique du sud par exemple.

Sinon je tricote toujours les mêmes choses, alors comme je pense que je vous ai déjà assomés avec cet article, je vous laisse tranquilles jusqu’à la semaine prochaine !

Des fourrures et des mails

Bonjour !

J’ai plein de choses à vous dire aujourd’hui ! Tout d’abord il ne reste que 2 places pour le cours de tricot en rond de samedi, idem pour le cours de lecture de grille du 16 décembre ! Alors vite vite vite, on s’inscrit, le lien c’est en cliquant sur les images !

Passons aux sujets rigolos avec le jeu du samedi ! Samedi dernier je vous ai soumis un portrait de la coquette Anne de Bretagne en vous demandant hermine mise à part, quelle était la toison que l’on s’arrachait à l’époque. La question m’a été inspirée par une superbe et rafraîchissante (comme toujours) conférence du fabuleux Michel Pastoureau écoutée sur le site de France Culture (le lien c’est ici) qui expliquait qu’à la fin du moyen-âge la laine de l’agneau noir de Lombardie était so chic, ce qui était un sacré phénomène de mode puisqu’il nous dit aussi que plein d’autres toisons étaient tout aussi belles, mais que c’était celle-ci, avec l’hermine bien sûr mais hermine et Anne de Bretagne la question aurait été trop facile (vous voulez quand même l’histoire ? bon ok je vous la raconte après) et le menu-vair (la fourrure de l’écureuil petit gris, qui avait le ventre blanc et le dos gris qu’on utilisait pour faire des damier) qui avaient la cote. J’ai également lu dans 2 documents que certains de ses habits d’apparat étaient doublés de peau de frison blanc, mais j’ai du mal à trouver plus amples informations dessus, tout ce qui touche à l’utilisation de la peau de cheval étant un peu tabou j’ai l’impression.
Rapidement la petite histoire de l’hermine. L’hermine devient toute blanche l’hiver, sauf le bout de sa queue qui lui reste tout noir (donc quand on voit un manteau d’hermine : une tache = un animal ou presque mais ça on va en parler après). Lors d’une partie de chasse, Anne de Bretagne aurait vu une hermine préférer se laisser tuer plutôt que de salir sa belle fourrure blanche en traversant une mare de boue. Très touchée par cette délicatesse elle a laissé la vie sauve à la bête et en a fait son emblème. Ce qui ne l’empêchait pas de posséder une tenue de cour doublée des peaux de 820 hermines.
Pour en revenir à nos moutons ou à nos agneaux : la laine sur la peau des agneaux noirs de Lombardie était très soyeuse et très brillante. La fourrure en elle-même était prisée pour sa qualité. Mais (attention on apprend 2 nouveaux mots du moyen-âge) les pelletiers (le nom à l’époque de ceux qui travaillaient la fourrure) utilisaient aussi des morceaux de cette pelisse d’agneau noir pour taveler l’hermine. C’est à dire qu’ils mouchetaient le poil blanc de l’hermine avec des poils noir de l’agneau.
Vous avez été très nombreux à répondre au jeu samedi et vous m’avez fait tout un tas de propositions très intéressantes et parfois très documentées, j’ai de la chance d’avoir des participants comme vous.

Jean Bourdichon dans Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne

Et attention dès vendredi, tenez vous prêt, c’est un jeu par jour pour le calendrier de l’Avent ! Avec un gros lot pour Noël le 24 ! Je peux vous dire qu’ici je travaille du chapeau pour vous dégoter des questions intéressantes !

Les en-cours de la semaine. Je devrais dire l’en-cours, je reprends tout juste un rythme normal de tricot et j’ai décidé de me consacrer pleinement à mon cardigan vert pour le terminer, et ça avance puisque j’en suis aux rangs raccourcis des épaules. Dimanche j’aurais bien avancé mes petits accessoires oubliés du panier comme j’avais dit, mais je n’ai pas eu le temps de tricoter, c’était notre pèlerinage familial annuel rayon boules de Noël du Bon marché et fin de journée jeux de société.

Les rangs raccourcis en cours de route, ça ressemble à rien.

Je voudrais prendre un peu de votre temps pour vous parler de la gestion (un peu compliquée en ce moment) de ma boîte mail : j’ai pris pas mal de retard dans ma correspondance du fait de la préparation et participation au salon, je sais que certains d’entre vous piaffent et je les comprends bien en attendant une réponse mais je débroussaille au fur et à mesure tout en essayant de continuer à travailler.
Pour les questions techniques, j’ai une page Ravelry ICI avec un forum, certains participants sont de très bon conseil et je les remercie parce que ça m’aide vraiment. Je vous invite vivement à poser vos questions là bas ! J’y fais bien sûr moi-même régulièrement un tour.
J’ai beaucoup de mal à répondre aux questions techniques posées en commentaires sur les réseaux sociaux, pour la simple et bonne raison que j’en loupe plein parce que j’essaye de ne pas passer la journée sur mon téléphone cet engin du diable. Idem pour les MP sur les réseaux sociaux, j’en loupe plein, j’ai découvert il y a pas longtemps une boite à messages cachée dans la boite à messages sur Instagram, avec tout plein de messages de gens que je n’avais jamais vus. Sur Facebook j’arrive à peu près à répondre aux MP de ma page je crois, quoique je trouve le système très mal fait, par contre je ne vois jamais vraiment les commentaires et tout ça. Le meilleur moyen de me contacter reste donc le mail via mon site, ou le forum si c’est pour une question technique. Si vous avez des conseils gestion de mail au travail, je suis toute ok pour les recevoir !

A très bientôt et surtout à vendredi sur Instagram pour la première case du calendrier !

 

 

Retour de CSF, bienvenue aux nouveaux et les cours de tricot reprennent !

Bonjour !

Bienvenue aux nouveaux ! Vous avez été nombreux à vous inscrire sur les bons de commande du salon, j’espère avoir bien orthographié tout le monde dans la mailing list ! Je vous présente ma newsletter en 2 ou 3 mots : ici on parle tricot bien sûr, on a les réponses détaillées au jeu du samedi matin d’instagram (@tricotalicehammer ) avec des anecdotes historiques, on peut consulter les archives ( https://aliceknitshammer.wordpress.com ), on suit un peu les nouveautés et on fait des points tricots sur les en cours et les sujets qui nous préoccupent, moi dans le texte et vous en commentaire !

Il n’y a pas eu de post la semaine passée pour cause de CSF, ni de jeu du samedi alors que je m’étais imaginé vous préparer un super jeu de piste dans le salon, je me voyais déjà déguiser mes collègues des autres stands en Père Fourras pour vous faire des énigmes … mais la réalité m’a rattrapée et je n’ai que très peu pu quitter le stand. Il n’y aura donc même pas de rubrique historique cette semaine, je faillis à tous mes devoirs !

Je vais me rattraper en vous proposant un mois de décembre fou fou fou pour les geeks du tricot, je suis en train de préparer un calendrier de l’avent du tonnerre sur Instagram : un jeu (donc un patron à gagner) par jour, et un gros lot pour fêter Noël ensemble le 24 ! Sortez vos encyclopédies on va se creuser la tête !

Je voulais également vous remercier pour les moments passés sur le salon. On a entendu énormément de mots doux de votre part, et on a toutes été touchées de vous rencontrer et de discuter avec vous. On vous remercie pour tous les petits et gros cadeaux qu’on a reçus et pour les bises aussi. Je n’ai pas de boutique physique, je ne rencontre quasiment jamais mes tricoteurs et tricoteuses alors ça m’émeut toujours de voir les vrais gens derrière les adresses mail et les pseudos IG ou Ravelry.

J’ai moi même fait quelques emplettes chez les copines sur le salon : chez Lil Weasel j’ai acheté un objet dont je rêvais depuis longtemps : un Sock Blocker pour quand je lave mes chaussettes maison. J’ai complété ma collection de petits anneaux marqueurs mignons, j’en ai déjà pas mal mais on en a jamais trop, surtout quand on a 1268372 encours en même temps, hum hum.

Chez République du Chiffon j’ai échangé une pochette Boyfriend Hat contre le patron du Trench Roger que j’ai commandé comme cadeau de Noël à ma maman. Chez l’Echappée Laine, après avoir hésité entre à peu près tous les coloris, j’ai acheté du Shetland orange comme de la purée de carottes pour me faire un beau cardigan.


Le patron et kits du Châle Flopsy c’est par ici ! 

Rapport aux encours vous vous doutez que je n’ai pas tellement tricoté, j’avais carburé sur les Boyfriend Hat avant le salon, j’avais rêvé et cru pouvoir terminer un châle Flopsy tout en installant le stand (échec total bien entendu). Je me retrouve dont à la tête de 5 encours, soit le cardigan vert, l’écharpe mosaïque, 2 paires de chaussettes et un châle et je dois me faire violence pour ne pas castonner la Shetland qui me nargue la vilaine.

Les cours de tricot reprennent chez les copines du Walrus ! Le samedi 2, je vous propose d’apprendre à tricoter soit un bonnet soit un béret pour découvrir le tricot en rond et les ruses de sioux pour réussir un couvre chef !

Le samedi 16, on va apprendre à comprendre et suivre une grille de tricot et à tricoter un châle autour du patron du Châle Flopsy !

J’ai également programmé des cours pour les 13 et 27 janvier, je prends vos suggestions pour les thèmes !

Je vous dis à la semaine prochaine avec un contenu qui revient à la normale, et des tricots avancés j’espère !

 

La dernière mode et les coutures

Bonjour !

Etant à CSF J-5, je ne peux pas vous promettre un long post (je suis quelque peu affairée et surtout stressée) mais revenons quand même à notre jeu du samedi. J’avais posté un portrait de Mallarmé par Nadar que vous avez reconnu tout de suite. Le cliché vous a pas mal induit en erreur car sur la photo il porte un plaid sur les épaules. Comme je vous demandais pourquoi je postais cette image ici beaucoup d’entre vous ont cru que c’était à cause de ce plaid mais non, je suis beaucoup plus fourbe que ça. 

Je l’ai choisi pour son activité secrète de chroniqueur de mode et défricheur de tendance dans la revue « La dernière mode », activité qui fut brève (1 numéro tous les 15 jours pendant 4 mois) mais qui eut le mérite de le distraire dans une sombre période de deuil. Bien qu’il ait fait appel à certains de ses amis poètes pour écrire quelques vers ou nouvelles dans le journal, il rédigeait toutes les rubriques mode sous différents pseudonymes : il était le rédacteur / la rédactrice en chef Marguerite du Ponty, les chroniqueuses régulières Miss Satin ou Zizzi, et il écrivait lui-même certains courriers des lectrices signant ses remarques ou questions en tant « qu’une lectrice alsacienne », « une châtelaine bretonne » ou encore « une dame créole ». Les textes décrivant les vêtements et les impressions que les vêtements lui procurent sont un régal et il y a beaucoup écrit sur les étoffes et la maille.

Je vous disais donc que nous sommes à quelques jours du salon, je serai sur mon stand E129 pour ceux et celles qui auraient l’envie de me faire un petit coucou n’hésitez pas ! Je vais essayer de vous préparer un jeu in situ genre Fort Boyard de la Porte de Versailles pour le samedi ce sera rigolo.

Et j’ai tricoté un peu quand même ! J’ai fait 2 boyfriend Hat en alpaga/plumette et j’ai tricoté 6 rangs de mon cardigan vert en Duvet d’Anjou, et cette fois je n’ai pas oublié de m’enregistrer pour le tournoi de Knittich !

Plein de kits Boyfriend Hat ici ! 

En reprenant le cardigan je me suis fait une réflexion sur tricot sans coutures / tricot avec coutures. En ce moment, c’est la mode du sans couture. Les tricoteurs et tricoteuses réclament du circulaire et rechignent à assembler des tricots. Je n’ai personnellement rien contre le tricot à plat, et je dois même avouer qu’une petite soirée couture devant un bon film ne me déplait pas mais comme je tricote aussi pour vous, je m’adapte et propose une majorité de modèles tricotés en rond.Plein de mailles et la quincaillerie qui va avec

Je reprenais donc mon cardigan que je tricote en 3,25 après l’avoir abandonné 2 bonnes semaines, j’avais donc un nombre certain de mailles sur le cable maintenant que j’avais réuni devants / manches / dos, quand au bout de quelques rangs je me suis dit que quand même j’aurais eu plus de plaisir à le tricoter à plat. Les motifs réclament de la concentration (je me mets des bâtons dans les roues je tricote du vert foncé le soir devant Stranger Things) et j’avoue que les rangs à rallonge parfois me courent sur le haricot. Heureusement ça diminue ça ne devrait pas durer et je vais sûrement me contredire quand j’en serai à faire les saddle en rangs raccourcis parce que j’adore faire ça et que ça on ne peut pas le faire si on coud les pièces.

Ici se cachent 2 bonnets et un châle

Pardon pour ce post bref, je m’en retourne à mes bonnets, j’en ai encore 2 ainsi qu’un châle à tricoter. Je demanderai un mot d’excuse à ma maman qui arrive lundi pour garder mon fils pendant le salon mais je vous préviens aujourd’hui que la semaine prochaine il n’y aura exceptionnellement pas d’article, si vous voulez causer tricot il va falloir venir le faire stand E129 !

A très vite !

 

 

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Mid-week point tricot : soignons-les bien !

Bonjour !

I am back in town baby, après un petit séjour dans ma campagne. Je vous écris avec une sinusite carabinée, bien au chaud dans mon canapé, et je tiens à m’excuser pour la qualité des photos cette semaine qui est raccord avec mon état.

J’ai attaqué la traditionnelle grande campagne de rafraichissement des tricots pour qu’ils soient beaux pour le salon, je pense que c’est bien qu’on parle entretien, sujet assez banal mais toujours préoccupant. Je vais vous faire un récap, pull par pull et donc matière par matière, du traitement impitoyable que je leur fais subir, et vous allez voir il n’y a rien de bien terrible.

La fréquence : je ne sais pas ce que vous faites avec vos pulls, moi je porte toujours quelque chose en dessous je les salis très peu. J’avoue les laver plus pour leur donner un coup de frais — ça requinque les mohairs et ça resserre les bords-côtes qui auraient tendance à se détendre — que pour les nettoyer.

Pour TOUS les tricots, pour le lavage, même procédure chez moi :
DANS UN FILET c’est très important : ça évite que les pulls se déforment. Je dis filet mais ça peut aussi être une taie d’oreiller par exemple.
On fait attention à ne pas trop mélanger les couleurs parfois ça déteint ou ça échange des petits poils.
On met à la machine, programme laine A FROID. Il m’arrive de laver un tricot à la main, si j’en ai qu’un et que je ne veux pas faire tourner une machine pour ça, dans ce cas c’est eau à température ambiante, trempette 20 minutes puis :
option 1, c’est un bonnet ou des moufles ou une écharpe fine : direction essoreuse à salade.
option 2, c’est un pull : direction le filet et l’essorage à la machine à 800 tours minute.
Je suis archi contre l’essorage à la main ou à la serviette. Non seulement j’ai mieux à faire, mais en plus ça déforme le tricot. Mon programme laine n’essore qu’à 600 tours, je trouve que c’est pas assez alors en général je remets un essorage à 800 derrière. Si c’est dans le filet, ça craint rien.

Le détergent : j’utilise du shampoing doux directement dans le tambour, quelques gouttes (la dose que j’utiliserais pour me shampouiner moi même). Soit type Mixa bébé, soit ce qu’il y a dans le placard, en ce moment mes tricots se lavent avec du Klorane à l’avoine. Jamais je n’utilise de lessive spéciale laine : au mieux c’est de la bonne achetée en mercerie, c’est cher, c’est du pur marketing et ça n’a rien de mieux qu’un shampoing doux (mais si ça vous fait plaisir parce que le flacon est joli ou que l’odeur est bonne, c’est très bien, personne ne vous jugera). Au pire c’est plein de machins dedans qui adoucissent la fibre, sauf qu’à la longue ça l’encrasse, le pull va paraitre plus beau pendant quelques lavages puis il va commencer à faire la tête. Un peu comme les cheveux avec les shampooings siliconés. Je n’ai jamais essayé les paillettes de savon de Marseille, je veux bien votre retour si vous faites comme ça, moi j’ai toujours peur que ce soit un peu agressif ou que ça laisse comme un dépôt sur la fibre.
Quand je sors les tricots du filet, je les secoue délicatement pour qu’ils se déplient.

Ce qui diffère selon les fibres, c’est le séchage et l’étape salon de beauté.

La pure laine et l’alpaga : ils sont assez lourds quand ils sont mouillés, alors pour qu’ils ne se déforment pas je les fais sécher à plat par terre sur la moquette. Si vous n’avez pas de moquette, vous pouvez mettre une serviette ou un tissu un peu épais. Avec eux, en général, je n’ai rien à faire derrière, un coup de rasoir à bouloche à la rigueur (le mien m’a couté 4 euros chez « Showbizz », le bazar en bas de chez moi).

Le mérinos, et les mélange type Duvet d’Anjou (ou comment j’entretiens mes Docker chéris) : tout pareil que pour la laine et alpaga, séchage à plat, sauf que je trouve qu’eux ont plus tendance à boulocher et méritent donc un coup de rasoir systématique, et un coup de vapeur (j’utilise mon steamer mais du pshit de fer à repasser ça marche bien) pour leur redonner du gonflant. Photo avant / après.

Le lin : le lin supporte très bien le lavage, mais il est capricieux alors je l’épingle à plat au séchage pour redonner une belle forme au tricot. Il aime bien aussi un coup de vapeur pour s’assouplir.

Le coton : je ne lésine pas sur l’essorage avec le coton, puis je le sèche à plat. Le repassage est souvent nécessaire.

Le mohair fin, l’angora et les mélanges légers type « Caresse » : chez moi ils adorent le lavage et retrouvent toujours une super mine après être passés à la machine. Je les secoue bien et je les mets sur un cintre, ils sont légers alors ils ne sont pas déformés par leur poids. Pour les mohairs fins type Plumette et l’angora, rien de plus. Pour la Caresse, parfois un coup de fer ou de vapeur, ça peut froisser légèrement. J’ai déjà trouvé une bouloche après un lavage, 10 secondes de rasoir et on n’en parlait plus.

Le Kid Mohair : mes Shifumi/Paprika/Sailor, je les fais sécher à plat et après ils ont droit à un bon brossage pour faire froufrouter leurs poils. J’utilise une brosse un peu dure à dépoussiérer les vêtements (on en trouve dans les drogueries de quartier, les grands magasins, j’en ai vu chez Merci, à la Trésorerie et chez Maison Empereur si vous êtes plus du sud) mais je pense qu’une brosse à cheveux (en poils pas en plastique) ça fonctionne bien aussi. Je brosse partout, même un petit coup à l’intérieur, pas spécialement délicatement, et ils retrouvent tout leur gonflant.

Les bonnets, chaussettes et petits accessoires : à plat. J’ai quelques paires de chaussettes avec un peu de cachemire dedans, c’est très joli mais j’arrête définitivement. Ca bouloche beaucoup et j’ai la flemme de passer tant de temps à raser des chaussettes, d’autant que je les lave beaucoup. Les bonnets adorent la lessive, parfois avant lavage ils ont le bord détendu et ils ressortent tout ragaillardis.

 

Le point historique est assez peu historique mais plutôt « billet d’humeur » aujourd’hui (mauvaise humeur, mais je suis malade alors j’ai le droit de ronchonner). Samedi c’est pas drôle, vous avez trouvé presque tout de suite ! Il va falloir que je corse un peu le jeu vous êtes trop forts. J’avais posté une image du groupe « Les chaussettes noires », fameux groupe rock’n’roll des années 60. Si j’en suis venue à eux, c’est parce que j’ai découvert au cours de petites recherches que je faisais sur les laines Pingouin que le groupe tel qu’il a été nommé et connu est né d’un accord commercial entre Eddie Barclay et la lainière de Roubaix. Que faisais-je à rechercher des infos sur les laines Pingouin me direz-vous. Je ne m’intéressais pas du tout au Rock mais au phénomène de recyclage de la laine pendant la seconde guerre mondiale.
Je me posais des questions existentielles suite à une descente dans mon stash de laines, et par extension à la quantité de pelotes et écheveaux qu’un tricoteur moyen possède de nos jours. Je trouve dingue la quantité d’offres de fils qu’on a : entre les grandes marques, les marques artisanales, les laines des indie dyers… On vit dans un monde d’opulence de fils, tandis que les hashtags « slowlife » ou « simple things » ou autres trucs du genre fleurissent sur certains comptes DIY, et parfois je nous trouve nous les êtres humains bien contradictoires.
Bref, tout en faisant des recherches sur le sens de la vie et sur le pourquoi du tricot dans ce monde de fous (une semaine en Auvergne, ça vous remue), je suis tombée sur des infos sur les campagnes de récupération d’ouvrages détricotés par les Laines du Pingouin (une des filiales de la Lainière) pendant la pénurie de fil durant la guerre. On les leur envoyait et ces fils étaient reteints, remis en pelotes et en circulation et on tricotait compulsivement… parce qu’on avait froid et qu’on n’avait pas de quoi s’habiller, et les magazines de mode regorgeaient de modèles astucieux ce qui est une autre de mes préoccupations, la pénurie de vrais modèles de vêtements dans les magazines de DIY au profit de bidouilles et de pages shopping, mais ça c’est encore une autre histoire et un autre bougonnage que je réserve à un prochain rhume. Je trouve ça bien cette idée d’économie de la laine, et aussi l’idée de seconde vie du vêtement. Le tricot on y passe un temps fou et on devrait valoriser, je ne sais pas comment, le détricotage autant que le tricotage et plus d’excuse après cet article pour ne pas prendre soin de vos tricots !

Affiche de 1945

Pour les en-cours, je n’ai pas grand chose à déclarer, j’ai avancé pas mal sur mon écharpe en mosaïque mais je suis très prise par les préparatifs de CSF et j’aurais plutôt des histoires d’imprimeur, de grossiste en sacs de kraft et de stylos de comptoir à vous raconter. Oh si, la nouille que je suis a oublié de valider dimanche son post de fin de match contre les Serpendards lors du tournoi de Knittich… Je vais essayer de me retaper au prochain, je dois tricoter 2 bonnets en vitesse pour mon stand CSF ça fera quelques mètres pour mon équipe…

A très vite !

 

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