Technique
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Japan’s got talent : le Kaiki, technique de tissage de la soie à Fujiyoshida. Japan’s got talent : the Kaiki method, silk weaving technique from Fujiyoshida

Contrairement aux apparences ce blog n’est toujours pas mort … et moi non plus. Si vous me suivez sur Instagram vous savez peut être que je viens de passer 1 mois entier au Japon et que c’était fabuleux. Je rentre profondément ressourcée et amoureuse de ce pays.

J’ai vraiment eu de la chance : j’ai vu la ville, la folie et la densité de Tokyo, la douce Kyoto, puis Osaka et Kobe avec leur fort caractère. J’ai aussi vu la campagne et la montagne, des endroits loin de tout où l’on ressent physiquement la puissance de la nature des îles japonaises.

If you follow me on Instagram, you surely know that I spent one month in Japan and that it was fabulous. I’m back, deeply refreshed and in love with this country. I am so lucky : I have seen the city, Tokyo’s density and craziness, the sweet Kyoto then Osaka and Kobe with their strong character. I have also seen the countryside and the mountains, places far from everything where you can feel in your body the power of Japanese island’s nature.

Ma base là bas c’était Fujiyoshida, la ville par laquelle historiquement on débute l’ascension de Fuji San et accessoirement là où l’on mange les meilleurs Udon du monde. Pour moi le centre du Japon c’est dans la salle à manger de l’auberge Saruya (bientôt je vous en parlerai j’y ai eu des expériences textiles excitantes) puisque c’est l’endroit où se retrouvent tous les soirs les gens les plus cool que j’ai eu la chance de rencontrer. J’ai découvert sur place que la région est un hot spot du textile et grâce à Yuka Takahashi qui travaille dans l’entreprise de tissage Hikari Textile, j’ai eu le privilège de pouvoir visiter le Yamanashi Prefecture Fuji Industrial Center et Toraya une usine de tissage de la ville.

My base there was Fujiyoshida, the city where you historically begin Fuji San ascension and incidentally the place where you can eat the best Udon noodles of the world. As far as I’m concerned, the center of Japan is in Saruya Hostel’s dining room because this is where every night the coolest persons I’ve met meet. I discovered there that the area was a textile hot spot, and thanks to Yuka Takahashi who works in the weaving company Hikari Textile, I had the privilege to visit the Yamanashi Prefecture Fuji Industrial Center and Toraya, a weaving factory of the city. 

Au Yamanashi Prefecture Fuji Industrial Center j’ai rencontré Mr Tetsuya Igarashi, chercheur en textile qui m’a présenté une technique de tissage de la soie qu’on ne pratique que dans la région que je ne connaissais absolument pas et qui s’appelle le Kaiki. Techniquement, ça consiste en un tissage à plat, les fils de chaîne en soie sont unis, on applique parfois au pochoir des motifs placés sur ces fils de chaine avant le tissage puis les variations de couleurs se font avec les fils de trame. On obtient ainsi des coloris qui changent de couleur avec les mouvements du tissu. Les étoffes sont très fines mais tissées très serré. Le Japon est un pays d’eau et les fils de soie utilisés pour le Kaiki sont teints grâce aux sources du Mont Fuji. Mon corps et mon esprit ont pu ressentir les vertus de l’eau de la région au cours de longs bains dans les onsen, je ne suis donc pas étonnée que les couleurs obtenues avec des teintures à l’eau de Fuji San soient particulières et inimitables.

At the Yamanashi Prefecture Fuji Industrial Center I met Tetsuya Igarashi, a searcher who presented me a silk weaving technique, only used in this prefecture and that I had never been told about before, named Kaiki. Technically, it consists in a flat weaving, the warp threads are plain and sometimes you apply a pattern with a stencil on them before weaving, then the colors variations are made with the weft threads. We obtain colors that change with the movements of the fabric. The fabrics are very thin but weaved very tight. Japan is a water country and the silk threads used for Kaiki are dyed thanks to Mount Fuji sources. My body and soul have had the chance to feel the virtues of this area’s waters during long baths in the onsen, so I am not surprised that the colors you obtained with Fuji San’s water are so special.

Quelques exemples d’étoffes centenaires conservées au Fuji Industrial Center :                        Some examples of century-old fabrics kept in the Yamanashi Prefecture Fuji Industrial Center :Kaiki3

 

Kaiki2Kaiki1A stencil and the brush that have been used tu apply patterns on the warp threads :PochoirLe kaiki a été développé durant l’époque d’Edo afin de pouvoir faire du commerce avec les villes : manquant de matières premières à vendre, on a du inventer un produit de luxe léger (le transport dans ce pays de montagnes est long et par conséquent coûte cher il faut que ça vaille le coup).

This technique have been used during the Edo age in order to make business with the cities : due to a lack of raw material in the area, people had to create a light luxury product (transport in this mountain land is long and therefore is expensive, the travel must worth it).

On utilisait cette soie pour  doubler le haori (la veste portée au dessus du kimono). Pendant le shogunat les lois somptuaires étaient extrêmement strictes et défendaient la population de porter certaines couleurs et motifs mais les japonais, respectueux de ces lois mais désireux de pouvoir afficher d’une certaine manière leur rang social, leur bon goût et leur culture, se faisaient poser des doublures toujours magnifiques et souvent chargées de symboliques et références. J’ai vu des étoffes rappelant des écrits ou pièces de théâtre cultes du Japon, d’autres évoquant des poèmes anciens ou la beauté des saisons et de la nature. Depuis la seconde moitié du XXème siècle l’industrie textile mondiale a changé et – comme en France dans les régions concernées  – on en souffre dans la préfecture de Yamanashi. Les acteurs de l’industrie locale cherchent à redonner sa place à ce savoir faire sur la scène mondiale, ce n’est pas évident : la principale activité est devenue de la commande (souvent pour les marques de luxe) et la nouvelle génération entend bien se faire connaitre en tant que designers, artisans et entrepreneurs porte parole d’un savoir faire qui est une identité forte.

Japanese people used this silk to make the Haori lining (Haori is the vest worn over the kimono). During Shogunate, sumptuary laws were extremely stricts and forbid population to wear some colors and patterns but the Japanese, respectful although eager to show in a certain way their status, their good taste au culture, put linings in their clothes that were always splendid and often charged with symbolic value and references. I have seen wonderful fabrics recalling cult writings or theater plays from Japan, others about old poems or about the beauty of the seasons and nature. Since the second part of the XXth century the textile industry in the world have changed and -like in France in the concerned areas- the Yamanashi Prefecture suffers from that. The local industry players try to give back his place to their know-how on the world scene, and it is not easy : the main activity is now orders (often for luxury brands) and the new generation intend to be known as designers, craftsmen and entrepreneurs voices of a know-how that is a strong identity.

La petite usine Toraya en plein coeur de Fujiyoshida, où Hitari Textile fait tisser ses produits : The little Toraya Factory, in the Fujiyishida city center, where Hitari Textile have their fabric woven :Tissage1Gros étonnement quand j’ai appris que tous les fils de chaîne sont préparés par un artisan spécialisé à la main en seulement 2 ou 3 heures :

I have been very surprised when i learnt that all the warp threads are prepared one by one by a specialized artisan in only 2 or 3 hours :Tissage3Amour total pour la jeune marque Kichijitsu qui travaille avec Hikari Textiles. Ici des futures couvertures de carnet trop belles  :

Totaly in love for the young brand Kichijitsu who works with Hikari Textile. This is a fabric for beautiful notebooks covers :Tissage2Yuka Takahashi et le président Yoshimi Kagami dans les locaux d’Hikari Textiles. Ils me montrent un tissu qui sert à emballer les porte bonheur au temple :

Yuka Takahashi and President Yoshimi Kagami in the Hikari Textile office. They show ,e a fabric used to make the lucky charms in the temple :Company2Un autre design par Kichijitsu :

An other design by Kichijitsu :Company1Certains tissus sont des créations Hikari d’autres sont des restaurations et rééditions de motifs anciens :

Some fabrics are Hikari designs, some others are restorations and new editions of old patterns Company3

Company4

Company5

Bientôt c’est promis je vous parlerai de tout ce qui s’est passé dans la salle à manger de l’auberge Saruya… à vite mais pas trop c’est le mois d’août, et il est bien studieux ici!

 

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Cette entrée a été publiée dans : Technique

4 commentaires

  1. girbal claudette dit

    je pense etre une bonne tricoteuse j’ai 77 ans et des années de tricot derrière moi mais je n’arrive pas a comprendre les explications pour demarrer le chale Zaaria ,qui sont données dans le mode et travaux du mois de decembre 2015 ,merci de donner plus de détails

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    • Bonjour ! Ce modèle n’est pas de moi mais de Shannon Square, je vous invite à contacter directement Modes & Travaux qui s’est occupé de la retranscription du modèle. Bonne journée !

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