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Mid-week point tricot : soignons-les bien !

Bonjour !

I am back in town baby, après un petit séjour dans ma campagne. Je vous écris avec une sinusite carabinée, bien au chaud dans mon canapé, et je tiens à m’excuser pour la qualité des photos cette semaine qui est raccord avec mon état.

J’ai attaqué la traditionnelle grande campagne de rafraichissement des tricots pour qu’ils soient beaux pour le salon, je pense que c’est bien qu’on parle entretien, sujet assez banal mais toujours préoccupant. Je vais vous faire un récap, pull par pull et donc matière par matière, du traitement impitoyable que je leur fais subir, et vous allez voir il n’y a rien de bien terrible.

La fréquence : je ne sais pas ce que vous faites avec vos pulls, moi je porte toujours quelque chose en dessous je les salis très peu. J’avoue les laver plus pour leur donner un coup de frais — ça requinque les mohairs et ça resserre les bords-côtes qui auraient tendance à se détendre — que pour les nettoyer.

Pour TOUS les tricots, pour le lavage, même procédure chez moi :
DANS UN FILET c’est très important : ça évite que les pulls se déforment. Je dis filet mais ça peut aussi être une taie d’oreiller par exemple.
On fait attention à ne pas trop mélanger les couleurs parfois ça déteint ou ça échange des petits poils.
On met à la machine, programme laine A FROID. Il m’arrive de laver un tricot à la main, si j’en ai qu’un et que je ne veux pas faire tourner une machine pour ça, dans ce cas c’est eau à température ambiante, trempette 20 minutes puis :
option 1, c’est un bonnet ou des moufles ou une écharpe fine : direction essoreuse à salade.
option 2, c’est un pull : direction le filet et l’essorage à la machine à 800 tours minute.
Je suis archi contre l’essorage à la main ou à la serviette. Non seulement j’ai mieux à faire, mais en plus ça déforme le tricot. Mon programme laine n’essore qu’à 600 tours, je trouve que c’est pas assez alors en général je remets un essorage à 800 derrière. Si c’est dans le filet, ça craint rien.

Le détergent : j’utilise du shampoing doux directement dans le tambour, quelques gouttes (la dose que j’utiliserais pour me shampouiner moi même). Soit type Mixa bébé, soit ce qu’il y a dans le placard, en ce moment mes tricots se lavent avec du Klorane à l’avoine. Jamais je n’utilise de lessive spéciale laine : au mieux c’est de la bonne achetée en mercerie, c’est cher, c’est du pur marketing et ça n’a rien de mieux qu’un shampoing doux (mais si ça vous fait plaisir parce que le flacon est joli ou que l’odeur est bonne, c’est très bien, personne ne vous jugera). Au pire c’est plein de machins dedans qui adoucissent la fibre, sauf qu’à la longue ça l’encrasse, le pull va paraitre plus beau pendant quelques lavages puis il va commencer à faire la tête. Un peu comme les cheveux avec les shampooings siliconés. Je n’ai jamais essayé les paillettes de savon de Marseille, je veux bien votre retour si vous faites comme ça, moi j’ai toujours peur que ce soit un peu agressif ou que ça laisse comme un dépôt sur la fibre.
Quand je sors les tricots du filet, je les secoue délicatement pour qu’ils se déplient.

Ce qui diffère selon les fibres, c’est le séchage et l’étape salon de beauté.

La pure laine et l’alpaga : ils sont assez lourds quand ils sont mouillés, alors pour qu’ils ne se déforment pas je les fais sécher à plat par terre sur la moquette. Si vous n’avez pas de moquette, vous pouvez mettre une serviette ou un tissu un peu épais. Avec eux, en général, je n’ai rien à faire derrière, un coup de rasoir à bouloche à la rigueur (le mien m’a couté 4 euros chez « Showbizz », le bazar en bas de chez moi).

Le mérinos, et les mélange type Duvet d’Anjou (ou comment j’entretiens mes Docker chéris) : tout pareil que pour la laine et alpaga, séchage à plat, sauf que je trouve qu’eux ont plus tendance à boulocher et méritent donc un coup de rasoir systématique, et un coup de vapeur (j’utilise mon steamer mais du pshit de fer à repasser ça marche bien) pour leur redonner du gonflant. Photo avant / après.

Le lin : le lin supporte très bien le lavage, mais il est capricieux alors je l’épingle à plat au séchage pour redonner une belle forme au tricot. Il aime bien aussi un coup de vapeur pour s’assouplir.

Le coton : je ne lésine pas sur l’essorage avec le coton, puis je le sèche à plat. Le repassage est souvent nécessaire.

Le mohair fin, l’angora et les mélanges légers type « Caresse » : chez moi ils adorent le lavage et retrouvent toujours une super mine après être passés à la machine. Je les secoue bien et je les mets sur un cintre, ils sont légers alors ils ne sont pas déformés par leur poids. Pour les mohairs fins type Plumette et l’angora, rien de plus. Pour la Caresse, parfois un coup de fer ou de vapeur, ça peut froisser légèrement. J’ai déjà trouvé une bouloche après un lavage, 10 secondes de rasoir et on n’en parlait plus.

Le Kid Mohair : mes Shifumi/Paprika/Sailor, je les fais sécher à plat et après ils ont droit à un bon brossage pour faire froufrouter leurs poils. J’utilise une brosse un peu dure à dépoussiérer les vêtements (on en trouve dans les drogueries de quartier, les grands magasins, j’en ai vu chez Merci, à la Trésorerie et chez Maison Empereur si vous êtes plus du sud) mais je pense qu’une brosse à cheveux (en poils pas en plastique) ça fonctionne bien aussi. Je brosse partout, même un petit coup à l’intérieur, pas spécialement délicatement, et ils retrouvent tout leur gonflant.

Les bonnets, chaussettes et petits accessoires : à plat. J’ai quelques paires de chaussettes avec un peu de cachemire dedans, c’est très joli mais j’arrête définitivement. Ca bouloche beaucoup et j’ai la flemme de passer tant de temps à raser des chaussettes, d’autant que je les lave beaucoup. Les bonnets adorent la lessive, parfois avant lavage ils ont le bord détendu et ils ressortent tout ragaillardis.

 

Le point historique est assez peu historique mais plutôt « billet d’humeur » aujourd’hui (mauvaise humeur, mais je suis malade alors j’ai le droit de ronchonner). Samedi c’est pas drôle, vous avez trouvé presque tout de suite ! Il va falloir que je corse un peu le jeu vous êtes trop forts. J’avais posté une image du groupe « Les chaussettes noires », fameux groupe rock’n’roll des années 60. Si j’en suis venue à eux, c’est parce que j’ai découvert au cours de petites recherches que je faisais sur les laines Pingouin que le groupe tel qu’il a été nommé et connu est né d’un accord commercial entre Eddie Barclay et la lainière de Roubaix. Que faisais-je à rechercher des infos sur les laines Pingouin me direz-vous. Je ne m’intéressais pas du tout au Rock mais au phénomène de recyclage de la laine pendant la seconde guerre mondiale.
Je me posais des questions existentielles suite à une descente dans mon stash de laines, et par extension à la quantité de pelotes et écheveaux qu’un tricoteur moyen possède de nos jours. Je trouve dingue la quantité d’offres de fils qu’on a : entre les grandes marques, les marques artisanales, les laines des indie dyers… On vit dans un monde d’opulence de fils, tandis que les hashtags « slowlife » ou « simple things » ou autres trucs du genre fleurissent sur certains comptes DIY, et parfois je nous trouve nous les êtres humains bien contradictoires.
Bref, tout en faisant des recherches sur le sens de la vie et sur le pourquoi du tricot dans ce monde de fous (une semaine en Auvergne, ça vous remue), je suis tombée sur des infos sur les campagnes de récupération d’ouvrages détricotés par les Laines du Pingouin (une des filiales de la Lainière) pendant la pénurie de fil durant la guerre. On les leur envoyait et ces fils étaient reteints, remis en pelotes et en circulation et on tricotait compulsivement… parce qu’on avait froid et qu’on n’avait pas de quoi s’habiller, et les magazines de mode regorgeaient de modèles astucieux ce qui est une autre de mes préoccupations, la pénurie de vrais modèles de vêtements dans les magazines de DIY au profit de bidouilles et de pages shopping, mais ça c’est encore une autre histoire et un autre bougonnage que je réserve à un prochain rhume. Je trouve ça bien cette idée d’économie de la laine, et aussi l’idée de seconde vie du vêtement. Le tricot on y passe un temps fou et on devrait valoriser, je ne sais pas comment, le détricotage autant que le tricotage et plus d’excuse après cet article pour ne pas prendre soin de vos tricots !

Affiche de 1945

Pour les en-cours, je n’ai pas grand chose à déclarer, j’ai avancé pas mal sur mon écharpe en mosaïque mais je suis très prise par les préparatifs de CSF et j’aurais plutôt des histoires d’imprimeur, de grossiste en sacs de kraft et de stylos de comptoir à vous raconter. Oh si, la nouille que je suis a oublié de valider dimanche son post de fin de match contre les Serpendards lors du tournoi de Knittich… Je vais essayer de me retaper au prochain, je dois tricoter 2 bonnets en vitesse pour mon stand CSF ça fera quelques mètres pour mon équipe…

A très vite !

 

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9 commentaires

  1. Roxiiie dit

    Merci pour ces précieux conseils ! J’ai bousillé mon sublime pull chaussette à la machine ce weekend alors que j’avais la même procédure que toi, du coup je suis devenue radicalement plus frileuse côté machine à laver :/
    Quand tu dis lavage à froid, tu veux dire lavage à 20°C ?

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      • Roxiiie dit

        Irrécupérable… Alors que j’avais fait la bonne élève, test avec mon échantillon, lavage programme délicat à 30ºC (comme j’avais déjà fait pour des pulls précédents) puis essorage à 800 tours. C’est passé pour l’échantillon mais pas le pull. Je me demande si l’eau de rinçage du 2è coup n’était pas trop froide… :/
        Je referai peut être plusieurs tests avec des échantillons à 20ºC, mais au moindre doute, c’est à la main + essorage machine !

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  2. Tout à fait d’accord : on ne passe pas des heures à tricoter un pull pour ne pas en prendre grand soin !
    J’aimerais apporter une précision au sujet du lavage à froid. Suivant que vous habitez en appartement ou en maison, en ville ou à la campagne, vous n’aurez pas le même « froid ». Attention donc aux chocs thermiques ! Une eau trop froide pourrait être néfaste voire fatale à vos tricots. Personnellement, je les lave à 30 (et j’utilise généralement les mêmes laines) et essorage 900 tours, sans aucun souci.
    Quant au savon de Marseille en paillettes, ça dépose une espèce de pellicule grasse difficile à rincer. Une horreur !
    Bon rétablissement !

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  3. merci beaucoup pour ces conseils lavages!! jusque là je n’ai jamais pensé au shampooing, mais dès que ma bouteille lessive laine ecover est vide je vais faire comme ça, ni à les essorer au tambour, mais idem je vais faire, parce que essorage main, galère et trop de temps… et faudra que je m’organise un rasoir et une bonne brosse…
    et extra le point histoire autour des « chaussettes noires », j’ai appris quelque chose :)… ma mamay française ré-utilise souvent de la laine détricoté d’un autre projet (je crois même qu’elle la relave avant de la retricoter, pour que le fils soit moins tendu… mais faudrait que je vérifie avec elle)

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